JEAN ROYÈRE

du 25 Fév. au 23 avr., 2016
Galerie Patrick Seguin, Londres

Jean Royère est un des principaux acteurs la création française, de 1931, année qui le voit réaliser son premier projet (un mobilier de jardin), jusqu’en 1972, où il met définitivement fin à son activité de décorateur. Entre ces deux dates, quatre décennies s’écoulent, qui voient le monde basculer dans la modernité. À la soudure entre ces deux mondes, celui de l’avant-guerre auquel succède celui du boom économique de la Reconstruction et de la prospérité retrouvée, Royère traverse l’esthétique de son temps comme une comète, aussi fulgurante que singulière. Autodidacte, Royère est un électron libre. Vif, intuitif, intelligent, pragmatique, il va associer ses qualités à une créativité remarquable. En examinant ses créations une évidence s’impose : il y a de la jubilation dans la façon dont il trace les contours de son propre univers, une liberté enfantine, une désinvolture, une irrévérence qui le préserve du bon goût bourgeois dans lequel tombent nombre de ses homologues. Tout cela s’appuie sur la rigueur et l’excellence d’un savoir-faire acquis dans les ateliers d’ébénisterie du Faubourg Saint-Antoine, puis chez Gouffé (dans ce même faubourg), belle enseigne de décorateur-ensemblier, où l’on copie l’ancien, et principalement le mobilier français de style. On connaît la suite de l’histoire : Jean Royère invente une écriture qui n’appartient qu’à lui. Un style que l’époque s’approprie naturellement, sans même y songer, tant ces formes douces, organiques, ces lignes graphiques et épurées, sans rigidité, ces assemblages de couleurs peu conventionnels la séduisent. Jean Royère habille son époque, à la manière d’un couturier, il crée le décor d’une vie moderne qui n’a plus qu’à se dérouler harmonieusement dans ce cadre élégant, gracieux, et quelque peu fantaisiste.