LE MONDE – DIMANCHE 26-LUNDI 27 OCTOBRE 2014

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Les géants se font parfois remarquer par un battement de cils….Ce que l’on retiendra donc avant tout de kurimanzutto, méga-galerie venue de Mexico et à qui Patrick Seguin (plutôt spécialisé dans le design) a laissé carte blanche pendant la FIAC, c’est l’infinie délicatesse des œuvres de Gabriel Orozco. Immense prophète en son pays, ce dernier a traversé l’Atlantique avec quelques dessins apparemment simples sut lesquels il faut s’attarder longtemps : ils jouent de la rivalité entre la feuille blanche et une feuille d’arbre complètement sèche, réduite à la quintessence de ses veines jusqu’à la quasi-invisibilité. De quelques taches d’encre de Chine, l’artiste se contente de la révéler ou de la faire disparaître, et c’est d’une grande beauté. Le reste de l’exposition continue de dire combien les plasticiens mexicains savent s’inspirer du plus trivial et quotidien, de Gabriel Ortega à Damian Ortega en passant par Jonathan Hernandez. Il dévoile aussi, bien sûr, la puissance de frappe internationale de kurimanzutto, qui défend d’autres stars comme l’Américano-Européen Jimmie Durham ou le Thaïlandais Rirkrit Tiravanija. Mais décidément, c’est cette délicatesse d’une feuille tombée que l’on retient. La faute à l’automne arrivé, peut-être…

Emmanuelle Lequeux