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Pierre Jeanneret – Table de lecture éclairante, ca. 1963-64

Cette table de lecture dessinée par PIERRE JEANNERET était destinée à meubler les bâtiments de l’Assemblée Législative ainsi que de l’Université du Pendjab à Chandigarh en Inde.

Ayant été mandaté par Nehru pour construire la nouvelle capitale de la région du Pendjab lorsque l’Inde devint indépendante en 1947, LE CORBUSIER conçoit un projet destiné à illustrer le futur brillant du pays. Pierre Jeanneret, son cousin et collaborateur de longue date, se voit confier la conception de la majeure partie du mobilier de la ville.

Il opte pour des matériaux disponibles sur place, recourant principalement aux différentes espèces locales de bois -ici le teck- résistant et parfaitement adapté aux changements de climat. Le solide plateau repose sur deux pieds formant un angle tandis que la lumière est dispensée par des réflecteurs centraux en tôle pliée. Une plaque en verre opaque sépare les deux parties et procure plus d’intimité aux lecteurs.

La table peut aisément accueillir jusqu’à six chaises. Ce modèle robuste mais élégant est caractéristique du style de Pierre Jeanneret.

Jean Royère – Pièces exceptionnelles en marqueterie de paille

JEAN ROYÈRE aborde son métier dans la plus grande liberté, son imagination, son ouverture et sa curiosité lui permettent de porter un regard panoramique sur la création de son époque. S’il partage les idées de l’Union des artistes modernes prônant un mobilier avant tout fonctionnel, il admire également le travail artisanal qui permet d’adapter un meuble à sa destination. Sensible aux formes simples comme au principe qui tend à réduire le mobilier au stricte nécessaire, il trace sa propre voie avec pour règle le souci constant d’harmonie.

Jean Royère impose une modernité sans dogme, ses créations sont conçues pour le quotidien dans un équilibre parfait entre élégance et décontraction. Ses dessins de projets tout comme ses plans révèlent son goût de l’épure : une fois tracés les contours le motif ornemental n’est jamais surajouté. Au contraire, il est le plus souvent intégré au dessin de l’objet.

Les pièces en marqueterie de paille procèdent d’une démarche identique : il utilise une technique sophistiquée liée à l’ébénisterie française du XVIIIème siècle, mais simplifie le motif décoratif de la marqueterie en choisissant des lignes dynamiques en zigzag.

La modestie de l’ornement remplit une fonction : laisser s’exprimer pleinement la ligne. Les formes imaginées par Jean Royère sont graphiques et fluides.

Ce bahut et cette armoire font partie de l’importante commande que Royère a réalisée à la demande de M. et Mme Goldenberg au début des années 1950.

Bien que Royère appréciait particulièrement ce matériau, il n’a produit qu’une quantité très limité de meubles d’appui en marqueterie de paille dont ce bahut et armoire sont de magnifiques exemples.

Jean Prouvé, table S.A.M. n° 506, ca. 1951

Issue du prototype réalisé avant la guerre, la version métallique du piètement pour table de salle à manger est mise au point en 1951. La pièce tire son origine d’un ensemble de mobilier de salle à manger récompensé en 1947 par le label « Meubles de France ».

Le modèle, démontable, était livré en pièces détachées à monter soi-même à l’aide d’une notice, caractéristique affirmée par le débord extérieur des bouchons des tubes décolletés reliant les pieds en tôle pliée au croisillon de l’entretoise. Le piètement était vissé sur les traverses de l’armature au moyen d’équerres.

La pièce a été déclinée en plusieurs variantes, comme la table Tropique conçue pour Air France Congo à Brazzaville (Afrique).

 

FIAC Online Viewing Rooms

Pour la première édition de la FIAC Online Viewing Room, la Galerie Patrick Seguin présente une sélection d’oeuvres choisies de JEAN PROUVÉ, PIERRE JEANNERET, CHARLOTTE PERRIAND, LE CORBUSIER et JEAN ROYÈRE, figures majeures de l’histoire du design du 20ème siècle.

Jean Prouvé, à travers son approche novatrice de la production basée sur une “philosophie constructive”, appliquait les mêmes principes aux meubles et aux immeubles, créant des oeuvres intemporelles qui se démarquaient par leur esthétique épurée. Son intérêt constant pour la standardisation et la modernité se reflète dans les élégants Fauteuil Direction (1951) et Guéridon Haut (1948).

Une sélection de pièces réalisées par Pierre Jeanneret et Le Corbusier issues du projet monumental de Chandigarh en Inde seront également présentées. Chargé par Nehru de construire Chandigarh — la nouvelle capitale de la région du Pendjab— à l’indépendance de l’Inde en 1947, Le Corbusier conçoit un projet destiné à illustrer le futur prometteur du pays. Pierre Jeanneret, son cousin et collaborateur de longue date, se voit confier la conception de la plupart des pièces de mobilier de la ville nouvelle. Chaque pièce était pensée pour un endroit et une utilisation spécifiques, avec une attention toute particulière portée au contexte symbolique, et étaient réalisées avec des matériaux locaux. Ainsi, les fauteuils dits “Advocate” (ca. 1955–56) en teck et peau par exemple furent réalisés spécifiquement pour la Haute Cour. Les pièces transmettent ainsi une impression forte et immédiate d’autorité et de hiérarchie.

Se libérant des conventions artistiques traditionnelles, Charlotte Perriand se tourne rapidement vers le bois. Son séjour de quatre ans au Japon fut décisif dans le développement de sa pratique, mais c’est au sortir de la Guerre qu’elle élabore sa propre vision de l’habitat, créant ainsi une synthèse entre la tradition et l’industrie. Deux de ses créations les plus admirables, le bureau en pin massif (1952) et l’iconique banquette Tokyo (1954) inspirée du design traditionnel japonais, illustrent à ravir le raffinement de ces pièces en bois, élégantes bien que fonctionnelles.

Dans le vocabulaire décoratif de Jean Royère, de simples lignes sinueuses de métal se transforment en un luminaire évoquant un bouquet luxuriant comme cette impressionnante applique à dix branches (1939). Jean Royère joue malicieusement avec le motif floral, qui donne rapidement lieu à une série de formes organiques. Une grande liberté ainsi qu’un esprit ludique émanent de ces pièces raffinées qui illustrent à merveille des thématiques chères au décorateur : les domaines du végétal et de l’imaginaire.

JEAN PROUVÉ, Guéridon bas GB 21, ca. 1947

Ce guéridon bas avec plateau en comblanchien est une version rare du guéridon bas GB 21 réalisé par JEAN PROUVÉ. Son bois clair et la couleur délicate du plateau beige complètent subtilement un intérieur.

Les quelques exemplaires du guéridon bas conçus pendant la guerre pour accompagner le fauteuil Visiteur ont subi de légères variations de dimensions et de détails au fil des ans. Comme pour les meubles mis au point au même moment, Jean Prouvé recourt le moins possible au métal compte tenu des pénuries de matériaux. Son utilisation est ici limitée à une armature triangulaire; celle-ci est formée de trois fers pliés enserrant trois pieds en bois massif rainuré et échancré.

Le châssis est conçu pour que le plateau “n’intervienne pas dans la construction du meuble.”

Clairement identifié dans les catalogues comme meuble démontable, le guéridon bas est d’abord proposé en deux hauteurs et diamètres de plateaux en glace, pierre (comblanchien), ou en bois.

Visite de la galerie

Visitez virtuellement la galerie avec des pièces de Jean Prouvé, Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret et Le Corbusier.

STAY HOME WITH JEAN PROUVÉ

 

En cette période particulière, la Galerie Patrick Seguin met à disposition deux de ses derniers ouvrages consacrés à l’architecture démontable de Jean Prouvé – Que ce moment de confinement vous soit propice à la découverte ou à l’approfondissement de son travail !

Stay home, be safe.

Jean Prouvé, maison démontable 6×6, 1944
Cliquez sur ce lien pour télécharger le livre

Jean Prouvé, maison démontable 6×9, 1944
Cliquez sur ce lien pour télécharger le livre